L’affaire Suzette Bouvier ou comment le Community Manager peut devenir pire qu’un parasite

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  • L’affaire de Suzette Bouvier en tant que Community Manager montre que ce métier est décidément voué à disparaitre.


    L'affaire de Suzette Bouvier en tant que Community Manager montre que ce métier est décidément rempli d'arnaqueurs et de parasites en tout genre.
    Image parFree-Photos de Pixabay

    Dans l’article où nous avions déclaré l’inutilité du Community Manager, on a eu beaucoup de réactions. Aucun commentaire, mais des réactions outrées et assez pathétiques par mail. On nous a traité de jaloux et d’autres quolibets tout à fait fascinant, montrant une faiblesse de vocabulaire, propre aux sortants des écoles de commerce, usine d’achats pour un semblant de diplome.

    L’affaire Suzette Bouvier

    Mais dans le microcosme du Community Manager, personne n’a raté l’affaire de Suzette Bouvier. Même si peu de gens en parlent, car il est toujours compliqué de voir qu’une telle entité malfaisante peut exercer dans la profession. CM dans une agence de communication, Suzette Bouvier était chargée d’une campagne publicitaire à 6 chiffres pour une grande marque de lingerie.

    Les faits datent de septembre 2018. La marque avait chargé notre Suzette de faire une promotion maximale sur les réseaux sociaux. Commissions sur les ventes par un code promo, garantie de futurs contrats. La campagne était juteuse, mais la marque fut le grand dindon de la farce. Suzette Bouvier qui n’a pas vraiment inventé le filament de tungsten, mais clairement une arnaqueuse accomplie, a crée une fausse campagne de A à Z.

    Circulairement votre !

    Elle a utilisé la vieille technique pourrie de l’arnaque circulaire. Elle a acheté des milliers de comptes Instagram et Twitter et elle a fait retweeté, par des bots, les promotions de la marque. L’arnaque est grossière, mais peut être efficace.

    Car la marque a vu ses statistiques, qui grimpaient au plafond. 10 000 visites par jour dans certains cas. Mais là où Suzette Bouvier a transformé une petite arnaque en véritable machine à escroquer. Et qu’elle a pitché l’escroquerie des influenceurs pour demander des suppléments au budget. Avec quelques bots, vous pouvez avoir des profils Instagram avec des milliers d’abonnés. Suzette a affirmé qu’une publication sponso coutait jusqu’à 1 000 dollars (et c’est vrai si c’est un vrai profil et même que le prix monte bien plus que ça).

    Mais ici, on a des faux profils, gonflés aux stéroides algorithmiques, que Suzette a utilisé pour extorquer plus de fric à la marque. Là où le génie malfaisant est qu’elle a réussi à le noter en hors-budget. Une pratique assez illégale, car elle est utilisé dans les fraudes publicitaires à grande échelle où la majorité des clics sont faux.

    On estime que la marque a déboursé jusqu’à 12 000 euros, uniquement pour les articles sponsos. Mais Suzette Bouvier n’était pas très maligne par nature. On peut monter ce type d’arnaque, mais il faut soigner chaque détail, car le mensonge digne d’une cathédrale, nécessite une construction tout aussi pêchue. En général, les Community Managers, qui font ce genre d’arnaque, travaillent en équipe avec des postes dédiés pour la gestion des faux profils, des faux clics et même de faux achats.

    Ruine de l’agence et de la marque

    Evidemment que le pot aux roses a été découvert. C’est le département de ventes de la marque qui a sonné l’alerte. Il y avait des millions de clics, mais quasiment aucun achat. Et quand il y avait des achats, ils étaient systématiquement remboursés. La marque a d’abord contacté l’agence pour le pourquoi du comment du merdier. L’agence n’a pas pu répondre honnêtement et l’affaire a atterri devant la brigade de la répression des fraudes.

    Il lui a fallu 5 jours pour tout découvrir, car dans le milieu des Community Managers, c’est une escroquerie fréquente qui fait régulièrement l’objet de poursuites judiciaires. Quant à Suzette Bouvier, elle s’est envolé pour des cieux plus cléments, hors de toute extradition. La marque a ruiné l’agence sur les dommages et intérêts.

    Mais aujourd’hui, une campagne publicitaire représente aussi une énorme part des fonds de roulement d’une entreprise. Donc, la marque a eu des problèmes de liquidité et de satisfaction des commandes et elle a dû être rachetée par une entreprise concurrente. Le président de la marque a conté toute cette affaire sur le groupe WhatsApp dédié aux PME et du secteur du textile. C’est devenu viral et un seul conseil en est sorti : Mieux ne faire aucune vente plutôt que de recruter ces arnaqueurs de Community Managers.

    Le Community Manager, vide par son incompétence

    Cette affaire montre que les Community Managers ne sont pas des escrocs, mais c’est tout le reste qui l’est. Les statistiques des réseaux sociaux sont truandés depuis des années. Facebook a été chopé à plusieurs reprises de doubler le clic des publicités.

    En 2015, on savait que la moitié des clics sur la publicité en ligne était de la fraude, occasionnant une perte de 7,5 milliards de dollars chaque année, se retrouvant dans la poche des régies et des agences publicitaires. On a aussi l’incompétence et la malhonnêteté inhérante des Community Managers où on pratique un entreléchage des plus écoeurants.

    Tout le monde lèche le cul de tout le monde et personne ne dit la vérité sur les prix, les chiffres, les ventes et ces fichus statistiques de merde qu’on torture à longueur de journée. J’ai été dans le secteur des Community Managers pendant des années et l’affaire de Suzette Bouvier n’est que du pipi de chat à coté des arnaques que j’ai pu voir. Des agences qui refusent de payer leurs prestataires, des marques qui se font pigeonner par des fausses ventes et des millions d’euros dans la poche de quelques escrocs qui s’engraissent comme des porcs.

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